A la découverte de Tania Mandiangu, une jeune activiste du mouvement « Black Lives Matter » - GrandToronto.ca

A la découverte de Tania Mandiangu, une jeune activiste du mouvement « Black Lives Matter »

12 novembre 2020

Tania Mandiangu est une élève à l’université Ontario Tech vivant dans la région du Grand Toronto. D’origine congolaise, Tania est très conscientisée des enjeux de la communauté Noire en Amérique du Nord et au-delà. Elle a été confrontée aux difficultés de la vie en tant que personne Noire depuis un bas âge, et souhaite contribuer ses connaissances et ses expériences à son entourage. Portrait par Karelle Sikapi.

La première expérience de Tania avec le mouvement Black Lives Matter fut en 8e année, quand elle a eu à rédiger un texte pour un concours d’art oratoire sous la demande de son enseignant de français. Elle a choisi d’écrire sur l’histoire de Trayvon Martin, un jeune garçon Noir ayant été tué par balle suite à un profilage racial d’un homme blanc. « […] j’ai ressenti le besoin d’en parler et d’éduquer les autres sur le sujet. » dit-elle, parlant du discours qu’elle a rédigé dans l’optique d’inspirer un sentiment d’inconfort pour sensibiliser les personnes de la cruauté envers la communauté Noire. Malgré le fait que le mouvement n’avait pas encore pris beaucoup d’ampleur au Canada, Tania cherchait à faire comprendre les réalités des communautés Noires.

La popularisation du mouvement Black Lives Matter a eu lieu quand la vidéo du meurtre de George Floyd et l’histoire de Breonna Taylor ont été partagées en masse à travers les médias sociaux. Les deux ont été tués par des policiers, ayant suscité des manifestations autour du monde et des demandes de réforme, d’abolition ou de réduction du financement des forces policières.

Tania explique qu’elle a capitalisé sur les médias sociaux pour dénoncer ces injustices et tenter d’éduquer ses followers. Elle s’active à faire la promotion des pétitions relatives au mouvement auprès de son audience de plus de 1000+ personnes. Elle décrit les morts de George Floyd et Breonna Taylor comme étant « la dernière goutte d’eau qui a fait déborder le vase. » D’ailleurs, elle a témoigné beaucoup de gestes futiles quant au mouvement et a découvert le spectre de l’activisme performatif : « […] au moment où les gens ont commencé à utiliser le nom de Breonna et George pour avoir de l’attention sur les médias sociaux, j’ai ressenti beaucoup de colère. Ces deux et bien d’autres sont morts à cause de l’injustice raciale envers les Noirs et les gens l’utilisent comme une opportunité gagner de la popularité? C’est dégoûtant et irrespectueux. »

Le mouvement a aussi permis à Tania de cogiter sur le rôle qu’elle aura à jouer pour appuyer la lutte contre la discrimination raciale. Que ce soit à travers des dons ou en signant des pétitions, Tania tente de soutenir la cause. « Même si je ne pouvais pas empêcher la mort de Breonna Taylor, George Floyd et de nombreux autres Noirs de mourir, je peux contribuer à prévenir de futurs décès dus à l’injustice raciale et à la discrimination envers mon peuple. » Et d’où proviennent ces problèmes, selon elle? D’une sombre histoire qui continue à marquer les groupes racialisés à ce jour. « Par exemple: le colorisme. Le colorisme a dessiné un fossé entre les Noirs à la peau sombre et à la peau claire en raison de la façon dont les choses étaient dans le passé. Chaque problème que nous avons en tant que Noirs, à mon avis, est dû au passé. »

Grande optimiste, Tania aimerait offrir un traitement humain à la prochaine génération de jeunes Noir.e.s : « Jusqu’à ce jour, 2 des 3 policiers qui ont assassiné Breonna Taylor sont toujours dans les forces mais deux policiers qui ont battu un porc-épic à mort ont immédiatement été renvoyés. Comment se fait-il qu’un porc-épic ait plus de justice que tout un être humain? Cette histoire me rend encore folle jusqu’à ce jour. » Tania reconnaît, toutefois, les obstacles qui se présentent : « Les médias ont dépeint les personnes qui soutiennent le mouvement Black Life Matters comme des voyous et des criminels qui détruisent des biens. » Malgré les opposants, Tania continue à se débattre, et souhaite l’unisson à la communauté Noire en ces moments difficiles.

En son temps libre, Tania aime danser et regarder des émissions de télévision. Elle étudie la science laboratoire médicale, inspirée par Katherine Johnson, une femme Noire qui se spécialise aussi dans le domaine de STIM. Une autre femme qui l’inspire est Wangari Maathai, la première Noire à remporter un prix Nobel, quelque chose que Tania souhaite aussi accomplir plus tard. Elle trouve que les personnes non-blanches n’ont pas la chance d’apprendre sur leur histoire, et cherche à faire connaître les réalités passées et présentes des diverses communautés à travers son activisme.