Aslouk : rapper ma colère

05 avril 2017
As

Lorsque l’on débarque à seulement 19 ans sur une scène rap tenue par des pointures qui l’occupent depuis des lustres, on a déjà maille à partir avec le système. Quand en plus est issu d’une ville qui n’a pas la réputation d’être un bastion du rap, les choses s’avèrent plus complexes encore. Il y a pourtant comme une nécessité pour Aslouk de gratter sur du papier et de titiller le micro. Il lui faut s’exorciser d’une vie qui lui a déjà donné tellement de fil à retordre. Portrait. 

 

On ne choisit pas sa famille. On ne la choisit d’autant pas plus que l’on ne choisit pas non plus son destin. Les épreuves que nous font vivre les nôtres peuvent quelquefois être ce qu’il y a de plus cruel dans la vie. Le drame est entré dans la vie du jeune Aslouk sous la forme d’un père qui, bien qu’aimant, ne savait pas faire face aux démons de l’alcoolisme. Cette addiction qui a généré pour le pérenniser un climat de conflit au sein de la famille durant l’enfance du jeune rappeur, a pris un tour tout à fait dramatique au moment où, ployant sous le fardon de l’alcool conjugué à celui du tabac, le père de Alsouk est décédé sous les yeux des siens.

On ne sort pas indemne de ce genre de situations, surtout pas lorsque l’on n’a que 13 ans. Il faut se trouver un exutoire s’il l’on veut s’éviter de foncer droit dans le mur. Pour Aslouk, cet exutoire c’est la musique. Il faut exprimer toute cette colère. L’investir dans les textes qui commencent à foisonnent sous sa plume et que des études de maçonnerie et de cuisine ne parviennent plus seules à canaliser. Seulement, la colère ce n’est pas tout. Il faut aussi du talent pour percer.  Et ce talent a très vite été repéré par Mason Ewing Corp qui prend Aslouk sous ses ailes et le met en relation avec des figures de l’industrie musicale que l’on ne présente plus : Alibi Montana, Danny Brown, Billy Obam, pour ne citer que celles-ci.

 

Le talent du jeune rappeur pourrait paradoxalement constituer un obstacle sur son propre chemin s’il ne parvient pas à répondre à toutes les attentes que suscitent déjà son album à venir « Première entaille ». Il sera jugé et scruté par une industrie dans laquelle il est désormais difficile de faire long feu. Il y a du sport en perspective et ça tombe bien, il paraît qu’Aslouk en raffole. Il lui faudra faire le plein d’énergie pour pouvoir rendre fière sa maman, celle dont le soutien n’a jamais fait défection.

 

Je remercie ma mère qui a toujours été là pour moi.